Dans The Far Side, Gary Larson glisse parfois « Egad! », exclamation discrète au milieu du chaos quotidien. Quelques dessins humoristiques révèlent cette phrase fétiche, testée puis presque abandonnée au fil des années. Ces indices cachés éclairent son humour absurde, sans réduire la surprise de chaque chute humoristique.
Parue dans la presse américaine de 1980 à 1995, cette bande dessinée cultive l’absurde et la satire. Pour repérer ses formules récurrentes, consultez aussi notre dossier sur Gary Larson et The Far Side. Une courte vidéo permet de retrouver le ton singulier de ses dessins.
Cette recherche vidéo présente l’univers de Larson et ses gags en une seule image.
« Egad! », phrase fétiche de The Far Side
Au début de la série, Larson fait dire « Egad! » à des savants, des insectes ou des chevaliers. Cette exclamation revient dans plusieurs situations, sans former une règle absolue pour chaque gag. Dans « Boomerang », publié le 12 janvier 1980, trois scientifiques tentent de se débarrasser d’un boomerang. Leurs bosses racontent leurs échecs répétés, tandis que leur sérieux rend la scène plus drôle.
Dans « Pet Snake », publié le 1er janvier 1980, deux humains jugent un serpent innocent. Le miroir entre humains et animaux donne au dessin sa pointe satirique. Leur mépris paraît d’autant plus ridicule que leur propre apparence prête à rire. Larson renverse ainsi le regard, sans ajouter de longue explication ni de morale explicite.
Une vidéo consacrée aux dessins de Gary Larson aide à saisir leur mécanique visuelle.
Les dessins qui dévoilent le gag récurrent
Le mot apparaît aussi dans « Sled », publié le 27 mars 1980. La panne vient d’un chien de traîneau, qui semble dégonflé, comme un pneu crevé. « Egad! » souligne l’étonnement, mais paraît parfois plaqué sur la scène. Cette tentative montre pourquoi Larson n’avait pas besoin d’une devise fixe pour unir ses gags.
Des années plus tard, « Gad! » apparaît dans quelques dessins, avec des portraits inquiétants, des insectes ou de la magie ratée. Cette variante demeure rare et secondaire, loin d’un refrain régulier. « Elephant », daté du 22 septembre 1981, inverse la peur des rides avec un couple de pachydermes. « Apple », publié le 18 décembre 1982, donne aux vers une raison bien concrète de crier « Egad! ».

La formule ne devient donc jamais un passage obligé. Larson préfère la surprise au slogan : ses personnages et ses situations changent sans cesse. Les lecteurs repèrent « Egad! », puis découvrent que le vrai fil rouge tient à l’invention des gags.

